QUAND LA COVID VIENT CHAMBOULER LES MÉTHODES ANCESTRALES D’ÉTUDES

Pour réduire les risques de transmission du virus Covid-19, les services de santé tapent du poing sur la table et appellent chacun à appliquer les gestes barrières et à éviter autant que possible les rassemblements. C’est tout notre quotidien qui se voit chambouler, tous les marchés sont par conséquent impactés, y compris le secteur des études de marché. Les Focus Group jusqu’ici largement plébiscités des marques se font de plus en plus timides. Les préoccupations des entreprises n’en demeurent pas moins palpables. Et pour cause, dans un environnement exceptionnel et anxiogène comme celui-ci, il est primordial d’appréhender au plus vite les besoins de ses collaborateurs et de ses consommateurs. L’intelligence collective en ligne tend à se développer, favorisant l’insight fiable, rapide et précis dans une ère de distanciation qui relève du jamais vu. 

 

L’IMPACT DE LA SITUATION SANITAIRE SUR LES ÉTUDES 

Il est déjà loin le temps où derrière sa glace sans tain, Eric lâchait un long soupir en sirotant son café que lui offraient les deux chargés d’études l’accompagnant sur ce projet « quali ». Un soupir qui en réalité traduisait l’expression d’un désespoir, d’un pressenti qu’il avait sur sa nouvelle offre qui ne tourne manifestement pas rond. Et cette fois-ci plus de doute, puisque c’est ce qui sortait de la bouche des 10 « consos » réunis un vendredi matin 11 heures pour échanger tous ensemble autour de ce sujet si cher pour lui. C’était finalement un peu cela les Focus Group, communément appelés « tables rondes » ou bien encore « groupe quali ». Ces méthodes d’enquêtes qui datent depuis plus de trente ans, privilégiées en amont d’un volet d’étude quantitative par certains, en complément d’une enquête quantitative (questionnaire administré en ligne, par téléphone et parfois même en présentiel) pour d’autres : une guéguerre opposant deux camps, on ne sait pas trop pourquoi d’ailleurs…

Puis la crise sanitaire est passée par là, posant la question de la continuité des activités, des projets et des études, tout particulièrement qualitatives. L’ESOMAR (Association européenne pour les études d’opinion et de marketing) dresse un constat sans appel : il est fondamental de privilégier la virtualisation des entretiens.

Dès lors, certaines marques se demandent où encore glaner de nouvelles idées, alors que d’autres usent de la situation pour initier ou tout simplement prolonger la dynamique conversationnelle déjà engagée sous le prisme de la co-création.

 

LA CO-CRÉATION : UNE STRATÉGIE PAYANTE POUR AMÉLIORER LA CONNAISSANCE CLIENT

La co-création compte de nombreux avantages pour les marques. D’abord, elle impacte directement les pratiques et les processus d’innovation plus traditionnels. En effet, elle remet en cause les processus créatifs en externalisant la partie génération d’idées par exemple. Les propositions généralement faites en interne proviennent de l’extérieur stimulant ainsi la créativité.

Cette méthode peut améliorer les connaissances que la marque a de ses clients. Grâces aux interactions générées avec les parties prenantes, les marques ont dès lors la possibilité de comprendre les réels besoins de leurs cibles. Une approche rendue possible en ligne, contournant de fait toute distanciation, et la multiplication des participants à grande échelle.

 

LA CO-CRÉATION : UNE CONJUGAISON DE MÉTHODOLOGIES 

L’objectif du quantitatif est celui de la mesure alors que le qualitatif s’intéresserait aux processus. En conséquence, le quantitatif viserait les tests statistiques « confirmatoires » et le qualitatif les procédures « exploratoires ». En somme, le but du quantitatif serait de mesurer un phénomène et celui du qualitatif de comprendre son sens.  Mais pourquoi se priver d’une approche à double prisme qui permet d’explorer et comprendre une dynamique tout en la quantifiant et en la mesurant ?

C’est justement ce que permettent les projets de co-création en ligne, articulés dans une approche méthodologique hybride et itérative : faisant ainsi cohabiter qualitatif et quantitatif et cela durant plusieurs semaines.

Projet collaboratif de la Caisse d’Epargne LOIRE-CENTRE sur le site Fanvoice.com

https://www.fanvoice.com/fr/caisse-epargne/confiance-fidelite/

En témoigne la capture d’écran ci-dessus d’une partie d’un projet collaboratif, les projets de co-création permettent au sein d’un seul et même réceptacle dédié à une marque ou une problématique de poser des questions sous deux angles. L’un très spontané, relevant de l’approche qualitative. C’est ici toute la spontanéité du participant qui prime. Et pour l’orienter ou bien l’inspirer, des thématiques sont posées noir sur blanc, sur lesquelles l’internaute peut au kilomètre poster ses idées, ses suggestions ou bien encore ses retours d’expérience. Cette rubrique vient en définitive remplacer le guide d’entretien du qualitativiste permettant d’animer sa session. Et pour les plus sceptiques de l’auto-administration en ligne, la fonctionnalité de community management existe. Ainsi, le porteur du projet peut en temps réel poser des questions à sa communauté, impulser une dynamique conversationnelle, ou même gagner en granularité quant aux retours déjà partagés en ligne.

Un sondage qui permet de poser des questions plus guidées est par ailleurs proposé. Réponses avec des échelles numériques, des échelles sémantiques, batteries d’item détaillés, question ouverte, grid, side by side (une image vs une autre image) ; tous les ingrédients sont ici réunis pour réaliser un sondage tel qu’on peut le retrouver dans une étude Ad Hoc.

La co-création ouvre ainsi la voie à une démarche globale dans les études marketing. Aux workshops et focus groups réalisés en présentiel s’ajoutent désormais les communautés en ligne tel un socle supportant d’autres méthodes de recueil de données. Questionnaires et enquêtes de satisfaction en ligne de mire, cette occasion d’alternance fait des émules côté instituts d’études.

 

L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE COUPLÉE LA DATA VISUALISATION AU SERVICE DES ENSEIGNEMENTS

Manager un projet de co-création sur plusieurs semaines requiert de pouvoir suivre précisément son évolution, mais aussi les réponses aux questions qui en découlent. Une console de back-office permet ainsi le tracking précis de tous ces indicateurs, ainsi que l’export d’histogrammes des résultats consolidés issus du quantitatif. Une manière efficace d’apprendre en temps réel pour agir vite et en conséquence.

L’algorithme d’analyse sémantique et statistiques de FANVOICE permet par ailleurs d’être agile dans la manière d’exploiter les données, ce qui accélère le processus de production d’insights, qui plus est lorsqu’ils sont nombreux (en découlent parfois des milliers de verbatims). Il représente un gain de temps considérable pour le traitement des données par rapport à un usage hier encore manuel.

 

LA CO-CRÉATION : UNE APPROCHE PLÉBISCITÉE PAR LE CRÉDIT AGRICOLE, EN RELAI DES FOCUS GROUP 

Le Crédit Agricole du Nord Est est une entreprise créatrice de liens, partenaire de confiance de ses clients, utile à ses territoires, grâce à l’engagement de tous, collaborateurs et administrateurs.

Avec sa démarche de co-construction, sur la plateforme participative du Crédit Agricole (le CA LAB), le Crédit Agricole Nord Est invite ses collaborateurs à être auteur des idées de demain.

Une démarche pensée en appui d’entretiens individuels en temps normal, qui aujourd’hui et compte-tenu de la situation, permet de pallier la situation de distanciation sans pour autant compromettre le projet.

Et la démarche séduit, car depuis son ouverture il y a quelques semaines, plusieurs centaines de collaborateurs se sont prêtés à l’exercice, postant ainsi près de 800 idées et commentaires.

La co-création et l’intelligence collective online ont pour ainsi dire le vent en poupe. Elles permettent notamment de dépasser les clivages quali/quanti, au service d’une écoute client et collaborateurs plus juste et plus réactive.

 

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