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Smart cities, tourisme et co-création

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La notion de ville intelligente (“smart city”) propose une gestion plus responsable et citoyenne de la cité, en répondant à des enjeux aussi bien sociétaux que environnementaux. La prise en compte des attentes et des éventuels freins des habitants s’avère indispensable afin de  s’assurer de la bonne intégration des nouveaux services proposés… Mais pour des villes à vocation ou potentiel touristique, la démarche pourrait aller encore plus loin et intégrer de nouveaux potentiels. Au dela du mobilier connecté et des voitures autonomes, et si les citoyens devenaient de vrais acteurs du potentiel touristique ? Par exemple, en pleine préparation des prochains JO, les parisiens pourraient bien avoir quelques opinions à exprimer… Et si la co-création était la solution pour éviter des cafouillage, embarquer la foule et booster le flux de visiteurs ?

 

La smart city, pour quoi au juste ?

Jean Duplain, en charge du développement de la smart city de Saguenay au Canada définit la ville intelligente en différents passages “1.0 où les grands équipementiers voyaient dans ce processus un moyen de commercialiser leur produit, à la version 2.0 ou les collectivités étaient obsédées par l’ouverture des données, les capteurs, la vidéosurveillance, sans sans tenir compte des réels besoins des citoyens et même sans les consulter [..] 3.0 on parle d’une ville en co-création avec les citoyens”.

Cette phase de co-création inspire grandement les collectivités, de nombreuses villes ont sauté le pas notamment au Canada où le pays a lancé le défi des villes intelligentes récompensant les meilleurs projets par une somme allant de 5 à 50 millions d’euros. Les villes ont jusqu’au 24 avril 2018 pour proposer leur projet. Le Canada a tout intérêt à encourager ces démarches pour identifier les bonnes pratiques et les répandre à l’échelle nationale.

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Si la conversation entre villes semble bien engagée, la ville doit aussi échanger avec ses citoyens pour mieux répondre à leurs attentes. Mais quels moyens utiliser pour s’adresser aux citoyens? Si certaines villes favorisent les échanges physiques sous la forme de réunion de concertations, conseils de quartiers et autres focus groups,, d’autres comme Saguenay (Canada) proposent des échanges sur une plateforme en ligne. Un levier permettant d’utiliser la technologie comme moyen de reconnexion entre les citoyens et leur environnement. L’intelligence collective propose de répondre directement à leurs besoins.

En France, avec l’arrivée des jeux olympiques en 2024, Paris détient l’opportunité d’être le showroom de l’innovation en matière de smart city, notamment dans la gestion des transports au sein de toute l’Ile de France. Pour cela, plusieurs consultations citoyennes sont lancées comme celle du ministère des sports, ce type d’initiative a  tout intérêt à se multiplier afin de faire de Paris une ville smart et citoyenne.

 

Des démarche citoyennes qui mobilisent !

Récemment, FANVOICE proposait aux internautes de partager les attentes des citoyens sur la ville de demain. Ce projet a intéressé particulièrement la communauté puisqu’il parle directement du quotidien de chacun sur des sujets très variés: espaces verts, transports, mobilier urbain, etc…

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Avec plus de 600 idées et commentaires récoltés sans la moindre opération média, en envoyant simplement un mail aux “membres” du site, cette campagne de co-création permet de faire émerger des idées concrètes, voire des dispositifs concrets, cf l’exemple ci-dessous :

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Et si la démarche allait au delà de l’aspect “logistique” de la Ville et sa gestion opérationnelle ? Et si la ville et ses partenaires utilisaient la co-création pour mieux booster son potentiel touristique ?

 

La Ville, un produit touristique ?

La démarche participative dite “citoyenne” peut sortir de ses contours et mettre les habitants d’une ville à contribution pour une meilleure attractivité touristique. On pourrait d’ailleurs aller jusqu’à une expérience totalement intégrée : les citoyens proposent des idées, la ville les évaluent, des acteurs du tourismes et des startups aident à bâtir les solutions, les citoyens les testent, etc… L’approche validée par de plus en plus de marques de grande consommation (les brasseries Kronenbourg, Bel, Somfy…) est tout à fait adaptable à ce contexte.

Pour aller plus loin, et en s’inspirant la nouvelle démarche d’extension de services de AIRBNB autour des expériences locales, on peut imaginer des scénarii d’inclusion sociale porteurs d’impacts encore plus significatifs : après s’être exprimés et avoir voté, les citoyens pourraient aller jusqu’à proposer les expériences touristiques complémentaires qu’ils aimeraient eux-même…

L’acteur citoyen qui arrondit ses fins de mois grâce au coup de main qu’il donne à la ville en matière d’attractivité touristique et d’animation ? Pourquoi pas ? Et si c’était l’expérience ultime de co-création pour la Ville ?

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Pour en savoir plus sur la co-création dans d’autres contextes :

Tourisme & Co-création  : comment réenchanter la relation avec les voyageurs

La co-création au service des marques food

Co-création et assurance : vers une nouvelle relation client ?

Tourisme & co-création : comment réenchanter la relation avec les voyageurs ?

Nouvelles applications, nouveaux services, nouveaux modes de commercialisation… Le secteur du tourisme se transforme, et de plus en plus d’acteurs se tournent vers leurs consommateurs pour identifier des irritants et de nouvelles attentes, afin s’y adapter au plus vite, et réenchanter la relation avec les voyageurs.  Zoom sur le cas d’un grand acteur du secteur : le CLUB MED..

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Une boite à idée et une communauté de Makers

Lors d’un communiqué de presse en 2016, Club Med annonçait que la France sera une priorité de son développement. Et le trident annoncé pour développer le marché : l’open innovation ! La marque a décidé de créer sa propre communauté appelée “Makers” afin de récolter des idées et co-créer avec ses clients.

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Le concept ? Proposer une boîte à idées collaborative en ligne, tout simplement. Chacun peut proposer une idée, si elle dépasse les 50 votes en moins de 2 mois, elle sera étudiée par Club Med. Entre Janvier et Octobre 2017, c’est plus de 250 idées qui ont été retenues par la marque. Le fonctionnement du site nous a beaucoup fait penser à l’ancienne plateforme “Décathlon Création” qui proposait également aux internautes de partager des idées réalisables afin que le projet aboutisse à terme sur un produit vendu par l’enseigne. Comme pour les makers, Décathlon utilisait la mécanique de “votes” du public pour solliciter la foule sur l’attractivité du projet.

L’inconvénient de cette démarche est qu’elle “oblige” les consommateurs à lire un maximum d’idées pour voter, ce qui n’est pas évident, nous avons pu l’observer à travers de nombreux projets, dans la mesure où le temps moyen passé sur ce genre de dispositif est très court. Pour autant, même si l’engagement risque d’être trop faible pour pouvoir départager des idées (puisqu’elles ne seront pas toutes lues), et même si cette mécanique ne fait émerger que quelques signaux forts (et peu de signaux faibles), les quelques votes récoltés donnent déjà de précieuses informations à la marque pour identifier des opportunités d’amélioration de son offre et se donner les moyens d’agir en conséquence.

Pour continuer dans cette démarche de co-création, 9 clients ont été invités à siéger au désormais nommé “open co-dir”. Une belle occasion pour Club Med de mêler on et offline en intégrant l’avis client à chaque grande décision.

Cette démarche inclusive avait d’ailleurs aussi été adoptée par le SNCF avec des rencontres physiques entre la LOVE TEAM et 1 client témoin chaque mois invité à échanger en direct avec les chefs de projets et responsables d’innovations.

Dans d’autres secteurs, des marques comme SOMFY, leader de la domotique en Europe, constituent des communautés “on-line” dont plusieurs dizaines de membres sont volontaires pour des workshops physiques et des beta-test “off line” (voir notre article sur SOMFY).

Si l’opération est un succès pour le CLUB MED, nous imaginons que l’enseigne va donner de l’ampleur à cette démarche “on + off”, toujours porteuse d’enseignements.

 

Une démarche win-win ?

Le participatif, est-ce que ça marche vraiment ? Oui, plutôt bien quand le dispositif est complet. Les consommateurs et les marques ont tout intérêt à partager leurs visions : les marques identifient les insights des consommateurs pour prioriser ses actions et engagent une discussion pérenne avec leur propre communauté. Quant aux consommateurs, ils sont récompensés tout d’abord par la portée importante que peuvent avoir leurs idées, et dans un second temps, le cas échéant, par des leviers de gamification sur lequels de nombreuses marques s’appuient (voir article : quand la gamification facilite l’engagement des communautés).

Comme vous avez pu le comprendre dans cet article, ce n’est pas la première fois que le crowdsourcing est utilisé dans ce secteur : SCNF, RATP, EasyJet et quelques autres acteurs s’y lancent les uns après les autres.

En 2017, Fanvoice a réalisé une campagne  autour des “vacances idéales à la montagne”. En 3 mois, la campagne a permis de récolter 350 idées et commentaires pour améliorer les vacances à la montagne., en ne mobilisant que la communauté FANVOICE, sans média, sans dispositif de recrutement sollicitant les clients d’une marque. C’est dire si le sujet a du potentiel…

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Et après ? Des objets connectés dans le tourisme ?

Chaque “campagne” fait émerger des sujets de fonds et des opportunités que les marques choisiront de creuser ou pas. Nos récents projets attirent toutefois notre attention sur un sujet de plus en plus fréquemment abordé par les consommateurs dans les projets de crowdstorming :  la multiplication des objets connectés suscitent un grand intérêt et de nombreuses interrogations qui pourraient mériter des campagnes dédiées au sujet. Les acteurs du tourismes s’y essayeront-ils un peu plus en 2018 ?

Quoiqu’il en soit, si le sujet “tourisme connecté” vous intéresse, nous vous invitons à découvrir cette campagne d’idéation à travers laquelle FANVOICE propose aux consommateurs d’imaginer l’application de tourisme idéale

Les plateformes communautaires d’envoi, un nouveau mode d’échange !

Des plateformes de crowdsourcing aux applications (comme Airbnb ou Uber), l’économie collaborative a décidément le vent en poupe ! La plupart des grands secteurs économiques ont été touchés par le phénomène. Il faut dire que cette consommation collaborative est une sérieuse alternative aux modèles de business traditionnels. Notre cher secteur du crowdsourcing voit un nouveau marché se développer : celui de l’envoi et du transport de marchandises.

Le concept est simple et pourtant plutôt révolutionnaire : les voyageurs se voient confier des objets lors de leurs déplacements, et les remettent à leur destinataire à leur arrivée. D’énormes compagnies telles que Walmart et DHL ont exploré les possibilités d’envoi en P2P (people to people), et de nombreuses startups spécialisées dans l’envoi ont vu le jour ces dernières années. Notamment Outre-Manche où elles connaissent un essor rapide.

Certaines de ces startups comme Rideship ou Roadie se concentrent sur un seul pays et deviennent de plus en plus populaires. Celles qui proposent un service de livraison à l’international ont mis plus de temps à connaître du succès, mais la garantie d’un prix de livraison à l’international défiant toute concurrence a commencé à attirer un public mondial assez large.

Entrusters

Entrusters

Entrusters – Home Page

Fondée en 2014 par trois amis, Entrusters a su conquérir un large public dans son pays natif, l’Argentine. Le service est extrêmement populaire auprès des personnes souhaitant acheter des produits rares ou particuliers dans le monde entier (les collectionneurs de timbres ou les fans d’aquariums, pour n’en citer que quelques uns). Cette mécanique de recherche simplifiée a d’abord été rendue possible pour Amazon, mais désormais les utilisateurs peuvent entrer l’URL de n’importe quel site pour acheter leurs produits préférés et se les faire livrer par des particuliers.

Entruster met l’accent sur la sécurité, et ce, autant pour l’acheteur que pour le coursier. Toute l’équipe est au courant des communications échangées entre les utilisateurs, et la société recommande de différer le paiement jusqu’a la réception de l’objet en question.

PiggyBee

Piggybee

Basée à Bruxelles, la société PIGGYBEE a été lancée en 2012 et bénéficie déjà d’une assez large communauté. Contrairement à Entruster, les livreurs ne reçoivent que rarement une rémunération en contrepartie de leurs services. La plateforme encourage plutôt les utilisateurs à échanger des conseils locaux, un hébergement ou des moyens de transports. Si au départ la base d’utilisateurs était majoritairement Européenne, une communauté internationale plus large voit le jour. 

La sécurité qu’offre PiggyBee repose sur un système appelé Mooneysafe, ce dernier garde les fonds correspond à la valeur de l’objet jusqu’a ce que la livraison soit faite. Cependant, aucune garantie n’est mise en place en ce qui concerne la récompense accordée au livreur.

Packmule

Packmule

Les fondateurs de Packmule – Sam Stone et Alexander Lieders – sont originaires d’Australie et du Brésil. Vivants en République Tchèque, ils ont eu l’idée de Packmule après avoir été de plus en plus frustrés par les prix des livraisons internationales. Même si la plupart des utilisateurs sont Tchèques, la bonne réputation du site commence peu à peu à se répandre à l’étranger. La plateforme est pour l’instant gratuite, même si cela pourrait changer bientôt.

Ses fondateurs s’efforcent à garder Packmule aussi sécurisé que possible. Par exemple, contrairement aux autres startups spécialisées dans le transport, ils encouragent activement leurs utilisateurs à poster les objets localement une fois qu’ils arrivent dans le pays de l’acheteur, plutôt que de rencontrer ces derniers en face à face.

Shipizy

Shipizy

Malgré le fait que la plateforme soit en version beta, Shipizy possède déjà une bonne base de données clients. D’après le twitter de la société, des utilisateurs de 50 pays différents se sont inscrits depuis que le site a été lancé en 2012. La sécurité est le principal objectif – la plateforme offre diverses formes de vérifications pour ses utilisateurs, des paiements SSL sécurisés et un service de messagerie interne sécurisé.

Le vrai plus de Shipizy est leur couverture d’assurance dédiée. Si un envoi est porté disparu – ou au cas où un acheteur refuse de payer le courrier – aucune des deux partie ne sera prélevée. 

Jib.li

Jib.li

En comparaison à Shipizy, cette société française basée à Paris connait un plus faible succès. Cependant, la startup a bénéficié d’une bonne publicité dans de nombreux médias lors de son lancement. Les livreurs – ou les « Jibs » – sont répartis sur une carte, et le résultat peut être filtré en fonction du prix, du poids du paquet, du temps de livraison, de distance ou bien même de la réputation de l’utilisateur.

Lorsque le site en aura terminé avec sa version beta, il a un réel potentiel de devenir un des acteurs majeurs du marché des livraison P2P ! 

On leur souhaite à tous bonne route !